« Notre marge brute n’est que de 94 %. Sur chaque abonnement à 49 euros, il nous reste à peine 46 euros. Ce n’est plus tenable », a expliqué le directeur financier, visiblement éprouvé, lors d’un webinaire de 12 minutes dont 9 consacrées à la « vision produit ». Selon nos informations, les 6 % de coûts restants correspondraient à un serveur loué 212 euros par mois, à la licence d’un outil de visioconférence et aux croissants du lundi.
La mission d’annoncer la hausse aux clients a été confiée à Michel, 41 ans, Account Manager et responsable du « customer love ». « J’appelle Didier, je lui dis que le prix augmente parce qu’on l’aime, et je raccroche avant qu’il pose une question », détaille Michel, qui aurait déjà convaincu 31 Didier sur 33. « Il m’a dit que c’était un investissement dans notre relation. Je n’ai pas compris quelle relation, mais j’ai signé », témoigne l’un d’eux, Didier, 56 ans, directeur administratif d’une coopérative laitière du Cantal, encore au téléphone avec le service comptable. De son côté, le cabinet ayant conseillé la hausse a salué « une politique tarifaire courageuse, alignée sur la valeur perçue par l’éditeur ».
Piqué au vif, un éditeur concurrent a annoncé dans la foulée une hausse de 52 %, justifiée par l’ajout d’un bouton « Résumer avec l’IA » qui renvoie vers la page des tarifs.


