« Nos données sont désormais chez nous, sur le sol français, sous la protection du droit français », s’est félicité le porte-parole du ministère chargé du Numérique, avant de préciser que le bâtiment était loué pour 99 ans à un fonds immobilier du Delaware. « Mais le bail est rédigé en français », a-t-il tenu à rappeler. Selon nos informations, les 14 200 serveurs du site auraient été livrés depuis l’Oregon, configurés depuis Dublin et assurés auprès d’une compagnie du Connecticut, une organisation que le ministère qualifie de « souveraineté en réseau ».

Sur place, la souveraineté se manifesterait par plusieurs dispositifs concrets : un drapeau tricolore de 6,40 mètres sur le toit, une baguette offerte à chaque technicien le vendredi et une clause permettant à l’État de récupérer ses données « avec un préavis raisonnable de 18 mois ». « Si les Américains veulent tout couper, il faudra qu’ils passent par moi. C’est moi qui ai le badge du local technique », assure Hervé, 57 ans, chef d’exploitation et responsable des clés, la mâchoire serrée. Joint par téléphone depuis Houston, le propriétaire s’est dit « très fier de contribuer à l’indépendance de la France », moyennant une indexation du loyer sur le dollar.

Piquée au vif, l’Allemagne a annoncé dans la foulée la construction de son propre cloud souverain, qui sera hébergé dans le même bâtiment, au deuxième étage.