Mathématiques olympiques, diagnostic médical, rédaction de jurisprudence, composition de fugues à quatre voix : sur les 1 412 tâches évaluées, le modèle surpasse l’humain moyen dans 1 327 cas. Les 85 échecs restants porteraient tous sur un seul et même document, le formulaire Cerfa n° 12487*04 de déclaration de changement de situation. « Le modèle a démontré une conjecture ouverte depuis 1962 en onze secondes. Il bloque depuis mars sur la case “nom d’usage, s’il y a lieu” », a déclaré le coordinateur du protocole, la voix nouée.

Selon nos informations, le modèle aurait tenté à 4 213 reprises de joindre une pièce justificative au format exigé, « PDF de moins de 2 Mo, recto uniquement, nommé sans accent ». Lors de son dernier essai, il aurait rempli le cadre « Ne rien inscrire dans cette zone » avec un raisonnement de 38 pages, avant de demander à parler à un conseiller. « Nous considérons le Cerfa comme un problème ouvert de la recherche », a botté en touche le porte-parole du laboratoire de San Francisco. Seule à avoir réussi l’épreuve en conditions réelles, Corinne, 49 ans, agente d’accueil et référente dématérialisation dans une caisse d’allocations familiales de l’Allier, relativise : « Moi, je le remplis en quatre minutes. Mais je ne démontre pas de conjecture, alors on est quittes. »

Piqué au vif, un laboratoire concurrent a annoncé dès ce jeudi un modèle de 4 000 milliards de paramètres entraîné exclusivement sur des notices explicatives, dont la sortie est prévue « sous réserve de complétude du dossier ».